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Les Eux, les Uns et les Autres... Marches ou C'rĂȘves!
Une oeuvre Ă  l'imparfait: Les Eux, les Uns et les Autres...
ou le Miroir d'Eux, des Uns et des Autres...
Images des Eux: Les Eux, les Uns et les Autres...(cliquer ici) / Twin Towers...(cliquer ici) / Cubes...(cliquer ici)
leseux
Exposition sur la plage de Vauville, 216 portraits sur des plateaux Ă  oeufs...(198 x 1188 cm)

Un portraitiste de série

En 2002, je me suis fixĂ© l'objectif de peindre 1000 portraits tridimensionnels sur des conditionnements alvĂ©olĂ©s pour 30 oeufs (0,34 x 0,34 cm), (en 2015, j'ai fini de peintre 1200 plateaux, soit prĂšs de 140 m2). Je conservais depuis plusieurs annĂ©es quelques plateaux Ă  oeufs de notre consommation familiale dans l'attente d'un usage. Pourquoi des portraits? Parce que j'ai toujours peint des portraits, plus des ĂȘtres que des choses. Adolescent, j'ai peint beaucoup de portraits Ă  la gouache noire, notamment beaucoup de Marilyn Monroe presqu'en mĂȘme temps qu'Andy Warhol que je ne connaissais pas alors. Ma premiĂšre peinture Ă  l'huile rĂ©alisĂ©e en 1967, un portrait de mon pĂšre, a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e au concours international de portrait en 1971 par l'AcadĂ©mie Française, plus prĂ©cisĂ©ment l'AcadĂ©mie des Beaux-arts et exposĂ©e un mois au MusĂ©e Marmottan.

L'aspect industriel de mon travail: Marches ou C'rĂȘves

Comme Andy Warhol l'avait fait, j'ai appelĂ© mon atelier la Factory, l'usine. Mon fils Vincent de 4 ans a lui aussi repris cette idĂ©e et a appelĂ© sa chambre "l'usine Ă  fabriquer des monstres". En retour, je fabrique peut-ĂȘtre aussi des monstres. Depuis quelques annĂ©es, je pousse Ă  son paroxysme le caractĂšre industriel de mon travail, ma production est importante, mais volontairement limitĂ©e en raison des dĂ©bouchĂ©s. Cette sociĂ©tĂ© de consommation ou plus prĂ©cisĂ©ment cette sociĂ©tĂ© de conditionnement nous contraint, nous les artistes, Ă  produire de plus en plus vite et au moindre coĂ»t. De plus il est vrai qu'aujourd'hui, on ne s'adresse plus Ă  son entourage immĂ©diat mais au monde entier et qu'il faut alors produire Ă©normĂ©ment pour le satisfaire. Victime comme tout le monde, d'un harcĂšlement administratif, je n'ai jamais assez de temps pour rĂ©aliser mon oeuvre. Pour poursuivre ma logique de diffusion massive, j'ai besoin d'aller plus vite et d'ĂȘtre le plus productif possible. AprĂšs l'image dĂ©multipliĂ©e, il me faut maintenant la produire en grande sĂ©rie. Au dĂ©but de ce travail, il m'aurait fallu un an pour peindre 1000 portraits. Aujourd'hui, aprĂšs un mois de travail, je peux actuellement peindre plus de 5000 conditionnements par an (prĂšs de 600 m2) en ne travaillant que quelques heures par jour, et seul. Cela ne me satisfait pas encore et m'entraĂźne Ă  expĂ©rimenter de nouveaux procĂ©dĂ©s pour passer de la crĂ©ation artisanale Ă  la reproduction mĂ©canique parce que comme disait Warhol "c'est trop embĂȘtant de peindre", et j'ajoute "dans ces conditions". Ou bien il faut arrĂȘter de peindre et s'engager dans des voies artistiques plus sereines telle que la vidĂ©o qui permet une diffusion massive. J'ai, en 2002, ouvert cette porte d'entrĂ©e des artistes.

La recherche d'aventures picturales

Je recherche des aventures picturales par un renouvellement incessant de mon travail, j'attends de mon travail qu'il me transporte le plus loin possible, qu'il me dĂ©passe et me surpasse, par la mise en oeuvre permanente d'une espĂšce d'exorcisme pictural Ă  la faveur duquel mon travail Ă©chappera Ă  mon contrĂŽle et se manifestera Ă  moi comme une force extĂ©rieure me rĂ©vĂšlant de l'inconnu et du nouveau. Les ĂȘtres jusqu'Ă  leur regard sont gĂ©nĂ©rĂ©s par un mouvement Ă©lectronique. Ce mouvement ou plutĂŽt ce chaos Ă©lectronique qui avec si peu de matiĂšre insuffle la vie Ă  la matiĂšre. Ce surgissement du vivant reste pour moi un mystĂšre. Comprendre le principe de la mutation du physique au biologique. Du visage, je ne conserve que l'idĂ©e d'Ă©ruption dans l'espace. Je poursuis sans fin ce peu de matiĂšre, cette origine de la rĂ©alitĂ© de la vie aux limites de l'invisible, ce qui s'est rĂ©ellement offert Ă  mon Ɠil quelques instants pour me rĂ©vĂ©ler une prĂ©sence et une identitĂ©. J'essaie d'explorer de plus en plus vite la matiĂšre en ce qu'elle a de plus secret dans un dĂ©lire de formes et de couleurs. Ce n'est plus une peinture de portraits, c'est une course poursuite des Ă©lectrons sur leurs trajectoires afin de percer le secret qui leur permet non plus seulement l'Ă©vocation du relief, de la couleur et de la matiĂšre mais de gĂ©nĂ©rer la vie. En mĂȘme temps, j'essaie de capter les turbulences et les mutations de cette agitation molĂ©culaire qui nous constitue et qui nous fait tout Ă  coup apparaĂźtre ou disparaĂźtre, qui nous donne un visage particulier et diffĂ©rent des autres, Ă  chaque instant diffĂ©rent de soi, pourtant toujours le mĂȘme et qui le demeure au travers de nos dĂ©placements ou des dĂ©placements de ceux qui nous regardent. Je recherche la clĂ© de cette permanence et de cette identitĂ© au travers des nombreux et changeants visages que je reprĂ©sente, la mĂ©moire de ces visages, leur Ă©pure ou leur principe qui organise le mouvement des Ă©lectrons dans l'espace afin que ces ĂȘtres soient ainsi et le demeurent. Je sais aussi que la rĂ©alitĂ© qui se dresse devant moi peut soudainement se dĂ©rober et que tout ce Ă  quoi l'on tient ou l'on croit est constamment mis en danger. La prĂ©sence et l'identitĂ© me semblent alors comme des bulles d'air provenant du cloaque de l'espace et du temps d'oĂč Ă©merge cette vie si instable et si fugitive.

Gaver d'images le spectateur

Il s’agit pour moi d’introduire le spectateur dans un monde ludique (les plateaux Ă  oeufs) oĂč son regard sera sans cesse sollicitĂ© par des effets visuels en constante gestation.Mon exigence de dĂ©pouillement, en simplifiant de plus en plus les visages et en les peignant en noir, est liĂ©e Ă  ma recherche des principes Ă©lĂ©mentaires de la permanence de la prĂ©sence et de l'identitĂ©. Je rĂ©duis le visage Ă  ses traits essentiels, une ombre, une empreinte, un tampon, un pictogramme: dĂ©pouillĂ© de ses dĂ©tails, rĂ©duit Ă  des signaux, je pense qu'il acquiert ainsi une efficacitĂ© visuelle maximale. Cela a aussi pour effet d'ĂŽter aux visages des significations conventionnelles qu'on lui attribue pour n'en conserver que l'apparence, l'image Ă©purĂ©e qui provoque alors la fascination. Pour intensifier celle-ci, je dĂ©multiplie le mĂȘme visage sous divers angles, confĂ©rant ainsi un aspect cinĂ©tique et une dimension spatiale Ă  l'ensemble. C'est aussi l'illusion du mouvement et le mouvement lui-mĂȘme qui m'intĂ©ressent. Les reliefs des conditionnements alvĂ©olaires sont perçus en incessantes transformations, tantĂŽt en creux, tantĂŽt en bosse. L'ambiguĂŻtĂ© est accentuĂ©e par l'apport alĂ©atoire volontaire des gammes colorĂ©es en des associations ou des oppositions de couleurs chaudes et froides, crĂ©ant ainsi un "perpetuum mobile en trompe l'Ɠil". J'use aussi des subterfuges des rĂ©actions physiologiques de la perception visuelle, j'assemble les conditionnements alvĂ©olaires dans l'espace pour crĂ©er un effet d'ondulation (Twin towers, Jeu de massacre, Cubes, etc) et j'escompte sur les effets lumineux naturels et artificiels lors des expositions. J'Ă©labore ainsi un univers dans lequel se perd le regard, en composant et recomposant les visages qui se dĂ©sagrĂšgent aussitĂŽt que devinĂ©s, suggĂ©rant ainsi le mouvement Je veux ainsi substituer au monde du rĂ©el un monde fictif, toujours rĂ©el mais mental. Ainsi j'institue de nouvelles relations entre les spectateurs et mon travail puisque le visiteur n'est plus passif, dĂ©rangĂ©, il est aussi libre d'interprĂ©ter l'image en autant de situations visuelles qu'il pourra en concevoir.

Nous-Eux: les plateaux alvéolés pour Eux

J’ai trouvĂ© dans cette idĂ©e de peindre (sur et dans) les plateaux alvĂ©olĂ©s pour 30 Ɠufs le prolongement et le composant essentiel de mon art du portrait. Peindre sur une surface plane Ă©tait devenu ennuyeux. Je voulais Ă©prouver une nouvelle aventure picturale. C’est ainsi que je suis allĂ© sur des terres inexploitĂ©es, par monts et par vaux.
Je peins des personnages connus. En fait, je manipule et fabrique une reprĂ©sentation (ou une Ă©vocation, Ă  la maniĂšre d’une icĂŽne, une impression) d’une personne connue dont je sais, sans aucun doute, qu’elle est prĂ©sente dans la mĂ©moire visuelle de mes voyeurs. J’ai besoin de cette mĂ©moire de mes voyeurs pour mon accomplissement. Je veux provoquer et convier cette mĂ©moire Ă  un festin d’Eux.
Pour crĂ©er la lumiĂšre, j’utilise le blanc et le gris des plateaux alvĂ©olĂ©s, des couleurs primaires aussi (rouge, bleu et jaune), et leurs complĂ©mentaires (orange, violet et vert), des mĂ©langes Ă©lĂ©mentaires. Pour crĂ©er et reprĂ©senter les ombres des visages, j’utilise le noir. Je joue avec les ombres, les couleurs et les points de vue pour crĂ©er une sorte d’enchantement.
Les plateaux alvĂ©olĂ©s pour Ɠufs se comportent comme un miroir que j’appelle le miroir d’Eux, des Uns et des Autres, dans le texte, en abrĂ©gĂ©, le miroir d’Eux.
Le miroir d'Eux, lorsqu’il est solitaire, laissĂ©-pour-compte, est une surface immobile, paisible, dormante. Mais le miroir d'Eux est un miroir virtuel. Il porte en lui une autre destinĂ©e sous forme d’une infinitĂ© de points de vue dont un seul point de vue est le mien.
Ainsi, le miroir d’Eux est une Ɠuvre aux aguets. Le miroir d’Eux a la capacitĂ© d’ĂȘtre ondoyant et de s’animer lors des dĂ©placements du voyeur. Le miroir d’Eux attend une prĂ©sence, le voyeur, sa proie. Seul un ĂȘtre vivant en marche peut mettre en mouvement le miroir d’Eux, l’exciter, Ă©veiller la mobilitĂ© et la vie que le miroir d’Eux porte en lui. Le miroir d’Eux est Ă  l’image de l’univers qui n’existerait pas sans prĂ©sence. L’univers est aussi un miroir virtuel.
Et au fur et Ă  mesure que le voyeur se dĂ©place, sa trajectoire tourmente le miroir d’Eux. Les cavitĂ©s et les bosses, le concave et le convexe, la lumiĂšre et l’ombre, les couleurs et le noir, combinĂ©es au regard et aux points de vue du voyeur, crĂ©ent des reflets mouvants Ă  la surface mouvementĂ©e des miroirs d’Eux.
Le miroir d’Eux est pour les voyeurs Ă  priori un monde inĂ©dit, Ă©trange qui fascine. La vue d’un visage dans un autre contexte va raviver leur souvenir. Pour les voyeurs, je peins et je projette des ĂȘtres qu’ils connaissent mais dans un univers insolite qui n’est pas le leur ou pas encore le leur. Et comme par enchantement, parce qu’il est reflĂ©tant, c’est le miroir d’Eux qui va ressusciter l’image ou l’idĂ©e que les voyeurs conservent inconsciemment en Eux de ce personnage. Des souvenirs ou des acquis vacants concernant ce personnage. Moment fatidique qui va crĂ©er l’enchantement, un instant fugace et magique d’exception soutenu, une sorte de vertige intense, voir du dĂ©jĂ  vu sortant d’un abime, du connu durant un instant.
Ainsi, au dĂ©tour du parcours, un personnage apparaĂźt, d’une maniĂšre Ă©phĂ©mĂšre puis disparaĂźt tel un fugitif. Le miroir d’Eux est un spectacle inattendu oĂč les visages se composent et se dĂ©composent sous les yeux du voyeur. Le voyeur essaie de capter cette empreinte Ă©vanescente d’un visage, les contours et les formes du visage se contorsionnent et se corrompent dans l’espace du Miroir d’Eux. C’est un monde qui dĂ©route contraignant Ă  des reculades, des retournements pour apercevoir qui est portraiturĂ©. Ce faisant, le voyeur s’adapte et ressuscite des visages enfouis au plus profond de son ĂȘtre (des laissĂ©s pour compte).
Le miroir d’Eux est aussi un jeu rĂ©crĂ©atif qui consiste Ă  retrouver mon point de vue. Le voyeur recherche des coĂŻncidences entre ma reprĂ©sentation et mon point de vue et ceux qu’ils ont en eux. En fait, ma peinture est le miroir de l’image que mes voyeurs conservent en Eux.
Il s’agit bien du miroir d’Eux, des Uns et des Autres.

Autres images des Eux: Les Eux, les Uns et les Autres...(cliquer ici) / Twin Towers...(cliquer ici) / Cubes...(cliquer ici)
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